Dimanche 28 Prise de contact avec Alger

Le sourire de Zohra

Après une bonne nuit de repos à la Maison Diocésaine où nous sommes hébergés, le chant du muezzin à 5h1/2 par dessus les toits nous rappelle notre proximité avec ces  frères du Coran, communion si nous le voulons bien.

La pluie à torrents, conforme à la météo annoncée, déverse ses trombes d’eau, de nuit et pour toute la matinée. Sous nos parapluies, nous prenons un bain de pieds dans les rues descendantes vers la mer, pas de renvoi d’eau, pas de caniveaux, l’eau s’en donne à coeur joie.

A midi le soleil revient, s’affirme,  nous illumine, nous réchauffe et le ciel bleu reprend le dessus. Nous revenons de la messe à la cathédrale (photo). Le Père Julien ( kabyle) qui célèbre est curé du lieu depuis son ordination il y 47 ans et fut le secrétaire du cardinal Duval à qui il est très attaché.

C’est jour du Seigneur, aujourd’hui, pour la poignée de chrétiens en terre musulmane. Nous faisons connaissance avec Véronique, parisienne qui, titulaire d’une bourse d’état française,  réside ici pour trois mois dans ce pays qu’elle a choisi dans le but d’y écrire une pièce de théâtre. ( sur le thème abordant la présence chrétienne en Algérie). Nous apprenons aussi qu’un film est en préparation sur le Cardinal Duval, réalisé par un musulman.

En fin d’après-mi Zora vient nous cueillir ici pour nous emmener chez elle…bonheur de se retrouver depuis qu’elle a quitté la France. Nous serons parmi des gens du cru, ceux dont nous pouvons déjà goûter la gentillesse dans la rue, sur le passage.

Soirée autour d’un couscous, on se serre autour de la table. Il est accompagné de lait fermenté qui se boit à la paille dans un gobelet de terre. Nouveau pour nous ! Echanges avec la nouvelle génération, celle des 30-40 ans. La colonisation pour eux : loin derrière, aucune importance ! Le printemps arabe : pas pour l’Algérie. Ils ont trinqué en vivant eux-mêmes en octobre 1988 leur propre révolution, dix jours de réveil de la jeunesse durant laquelle l’armée a durement réprouvé les insurgés. Fini !  » Nous ne vivrons pas à nouveau un printemps arabe !  » En quelques heures, on fait le tour des questions essentielles ; on se croirait en France si on ne se savait pas à Alger. Echange plein d’humour dans un français parfait. Une sympathie chaleureuse de méditerranéens chez qui l’esprit famille est bien là. Les trois  frères et soeurs non mariés vivent ensemble dans l’appartement des parents tous deux décédés. La fête de l’Aïd vient de se terminer hier soir, ramenant au pays le frère parisien. Chez eux la tradition du sacrifice du mouton est bien enracinée. Deux seules familles sur tout l’immeuble l’ont fait dans la cour intérieure. Les autres achètent la viande de mouton à prix exorbitant ( équivallent de 400€ sur un marché parallèle qui profite des circonstances)

 

 

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