Lundi 29 octobre N D d’Afrique et la casbah

La tombe du cardinal Duval à l’intérieur de la basilique

 

La basilique N D d’Afrique

Dès le levant, la journée s’annonce très belle, balayant le souvenir pluvieux d’hier,  inhabituel ici. On va donc vraiment poursuivre ce séjour sous des cieux plus bleus.

Nous descendons de notre colline, perchés que nous sommes sur les hauteurs d’Alger, où se trouve la maison Diocésaine qui nous héberge. C’est le quartier des Ambassades. Le coin un peu « huppé ». Cap sur Notre Dame d’Afrique, avec le chauffeur qui nous a été proposé par Fatma, la sœur de Zohra.

En 1858, Mgr Pavy, d’origine  lyonnaise entendait édifier « un autre Fourvière * auprès d’Alger ! » L’édifice fut consacré en 1872 par Mgr Lavigerie archevêque d’Alger,  est de style romano-byzantin. La  statue de Marie y fut installée en 1873. La basilique accueille la même année un « concile provincial d’Afrique », rassemblant les évêques et abbés d’Algérie, première réunion de ce type pour les temps modernes. L’église a été fortement touchée par le séisme de 2003 qui a fait 3 000 morts. D’importants  travaux de restauration sont engagés en 2007 sont inaugurés en 2010..

Nous nous recueillons sur  la tombe du cardinal Léon-Etienne DUVAL  (lors de la restauration récente, il a été rajouté au milieu sur la fresque peinte à l’intérieur de la basilique) . .

Une phrase, extraite d’une prière, est inscrite en français, en arabe et en berbère sur le mur de l’abside derrière l’autel :

 » Notre Dame d’Afrique, priez pour nous et pour les musulmans ! »

Une phrase qui en dit long !

 

* Pari réussi en entendant l’étonnante réaction de Zohra qui nous accompagne : »Oh! je me croirais à Fourvière ! ( souvenirs de son passage plusieurs années à Lyon)

 

La casbah (en arabe : citadelle) : c’est le vieil Alger, l’une des plus vieilles citadelles fortifiées du monde classée patrimoine de l’UNESO depuis 1992. Mais de celle-ci, il ne reste plus qu’une partie des remparts démolis lors de la colonisation de  1830.

A  travers le dédale des ruelles en pentes, nous découvrons un véritable labyrinthe tout en traboules et en escaliers et, suivant notre guide passionnant, natif lui-même de cette casbah, c’est le  labyrinthe de la vie Algérienne que nous parcourons  en long, en large et en travers : son histoire, ses traditions, la religion de l’islam, sa vie sociale, son architecture etc…

Sur le plan démographique, la casbah a été squattée de manière massive par la grande ruée des ruraux qui ont déferlé sur ALGER à l’indépendance (1962) puis dans les années 1990. Durant cette « décennie noire » les victimes dépasseraient les 300 000, loin des chiffres officiels de 60 000. Suiteà une manigance politique qui a volé aux islamistes  « leurs élections « , ceux_ci  ont fait basculertoute  l’Algérie sous leur terreur terroriste. La casbah était d’ailleurs l’un de leurs repaires majeurs. L’insécurité y régnait alors. Ce n’est plus le cas aujourd’hui et c’est ce qui nous étonne le plus.Du haut de la terrasse dominant la maison d’un artisan ébéniste, nous contemplons jusqu’à la mer le calme revenu. Incroyable…que s’est-il donc passé pour expliquer ce retour à la normale.

Notre guide  nous explique :

Actuellement un constat peut se faire, suite aux élections législatives il y a quelques mois, la situation est contôlée et maitrisée par le gouvernement.A la fin des années 1990  des négociations ont été  engagées par les militaires avec les deux groupes : GIA ( Groupe Islamique Armé, sanguinaire, opposé à toute négociation et AIS ( Armée Islamique du Salut  prête à une trêve et à une repentance).Finalement la loi de RECONCILIATION  NATIONALE  de 2000 /2001 a accordé l’amnistie à tous les terroristes,en déclarant leur impunité et favorisant leur réinsertion sociale  Il va sans dire que cette amnistie s’est exercée aussi pour les militaires et membres du gouvernement à haut niveau, un peu comme  un blanchiment général, une amnésie …dommageable pour relire l’histoire, mais indispensable pour ramener la stabilité. Du haut d’une terrasse dominant la maison d’un artisan ébéniste, nous contemplons (photos) la casbah, ses toits, ses dédales, ses mosquées, la synagogue qui fut le PC du GIA, les ânes bâtés qui collectent les ordures, toute cette vie qui foisonne, jusqu’à la baie d’Alger et la grande bleue.

Un palais dans lacasbah

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